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Le secteur de la cybersécurité ne doit pas laisser tomber les filles

Publié le 30-05-2018
Le secteur de la cybersécurité ne doit pas laisser tomber les filles
Tribune d'Ilijana Vavan, Directrice Générale Europe de Kaspersky Lab

En parallèle, les entreprises du secteur font face à une forte pénurie de main d’œuvre et aucune embellie n’est prévue à court terme. Dans ces conditions, il n’y a rien de surprenant à voir se multiplier les initiatives en faveur de l’emploi des femmes, qui ont indéniablement un rôle à jouer dans la résolution de cette pénurie. En développant une culture de la mixité hommes-femmes, les entreprises du numérique participent à faire tomber certaines idées reçues et développent les conditions nécessaires pour attirer une nouvelle génération d’hommes et de femmes talentueux.

Entreprises vs. école : la faute à qui ? Pour autant, nous ne devons pas faire peser sur elles seules la responsabilité de la sous-représentation des femmes. Sinon, comment expliquer que malgré leurs efforts, les femmes continuent de bouder nos métiers ? La faute incomberait-elle aux écoles et universités ? En réalité, elles aussi ne peuvent que regretter l’absence de femmes dans les rangs de leurs élèves, car l’orientation se joue bien avant.

Dans de nombreux pays, les jeunes sont amenés à choisir un métier, ou un moins une spécialité, dès l’adolescence, à quatorze ou quinze ans. À cet âge, le monde du travail est une réalité encore bien éloignée et la projection dans l’avenir passe avant tout par l’influence de l’environnement direct ou l’influence des modèles que l’on admire. Malheureusement, les grandes figures féminines de la cybersécurité sont trop peu visibles pour jouer ce rôle efficacement alors que le stéréotype du hacker qui passe ses journées – et ses nuits ! – dans un garage à pianoter sur son clavier continue, lui, d’être largement véhiculé par la télévision et le cinéma.

Il est donc impératif que les jeunes filles aient accès à des conseils et des renseignements sur le secteur à un âge plus précoce, afin qu’elles n’écartent pas cette option au profit de métiers plus traditionnels comme avocate, médecin ou enseignante, qui sont des trajectoires professionnelles depuis longtemps établies. C’est à la maison et à l’école que diverses influences pèseront sur cette décision. Si le travail de sensibilisation arrive trop tard, les établissements d’enseignement supérieur et les entreprises n’auront d’autre choix que de redoubler d’effort pour attirer leur attention.

Je suis bien placée pour...

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Cet article est proposé par : HAMMAM-ENSA.com d'après CP