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Le Mouton de l'Aïd-El-Kébir

Publié le 25-11-2008
Le Mouton de l'Aïd-El-Kébir
La morale de cette histoire est claire !

Il y a très longtemps, Mebrouka et son époux Salem habitaient dans une région du Sud de la Tunisie.

Un beau jour, l’amphore sur l’épaule, Mebrouka sorti du gourbi pour aller, comme chaque matin, à la fontaine. Après avoir franchi la haie d’épines qui entourait la demeure, elle s’arrêta, revint sur ses pas, puis avisant son époux qui raccommodait le bât de la mule, dans un coin de la cabane, elle lui dit :
- Nous sommes à quelques jours de l’Aïd-el-Kébir, et tu n’as pas encore songé à l’achat du monton.

Salem, penché sur son ouvrage ne répondit rien, il semblait ne pas entendre. Mebrouka fit quelques pas vers lui.
- Nos voisins ont acheté le leur…Le vieux Kaddour a payé quarante douros un énorme bélier, quant à Bousalhem, - plus prévoyant que toi – il a acquis, dès le mois de Ramadhan, un agneau qu’il s’est mis à engraisser. Maintenant la bête est grasse au point de ne pouvoir bêter.

Même silence de Salem. Mebrouka posa le vase sur la terre battue du gourbi et se mit les poings sur les hanches. Elles ne comprenait pas le mutisme de son homme. Que pouvait-il méditer ?
- C’est bien, finit-elle par dire, je vais à la fontaine. Peut-être daigneras-tu parler tout à l’heure. Il ne faut cependant pas que ton travail t’absorbe jusqu’à te faire oublier la garde du petit. Tu ne veilles pas assez sur cet enfant. On voit bien qu’Ali n’est pas ton fils. J’espère qu’en mon absence, il ne s’approchera pas comme avant-hier, du silo. Pour l’instant, il joue près de l’écurie.

 

Cet article est proposé par : Sonia CHENITI