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Ruse de femme

Publié le 19-02-2008
Ruse de femme
Bientôt la fête de l'indépendance, restons dans l'époque beylical.

Je dédie cette histoire à ceux qui se passionnent pour cette période.
 
Nous nous lasserons jamais des souvenirs et les histoires de nos arrières grand-mères et de nos grand-mères, qu’elles nous transmettent sans arrêt, de génération en génération.
Elles nous sont chères. Que leur âme repose en paix.
Etaient-elles véridiques ? Dieu seul le sait.

Bonne lecture.

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Faisant fi du proverbe : « La femme fuit le vieillard comme la brebis fuit le chacal » un riche marchand nommé Rechid, dont le menton s’ornait d’une longue et vénérable barbe blanche avait épousé la jeune Habiba qui rayonnait de grâce et de beauté dans ses dix-huit printemps. A la vérité, l’imprudence commise par Si Rechid en prenant, malgré son âge avancé, une femme très jeune, n’était point sans excuse valable ; il conservait en effet, malgré les ans, une verdeur telle que non seulement il pouvait donner à Habiba toutes satisfactions intimes, mais encore se livrer à des ébats extra-conjugaux avec Lilia, sa maîtresse.

Lilia était naturellement jalouse d’Habiba ; elle aurait bien voulu avoir pour elle seule Si Rechid, et profiter  seule de son incomparable générosité. Aussi, elle surveilla inlassablement sa rivale et finit un jour par découvrir que Habiba, pendant les absences de son mari, introduisait dans sa maison un jeune et vigoureux gaillaird.

Elle s’empressa de révéler à Si Rechid l’inconduite de sa femme :
- Le ciel te punit de m’avoir dédaigné comme épouse légitime, lui dit-elle ; moi, j’obéis à la loi du Seigneur, et je n’aurais jamais déshonoré tes cheveux blancs. Habiba te trompe !
- Tu mens !
- Je dis la vérité ! et si tu veux la preuve, tu n’as qu’à simuler un départ urgent et rentrer inopinément chez toi. Alors, tu seras convaincu.

Le jour même, Si Rechid informa sa femme que ses affaires le contraignaient à une longue absence et il partit après avoir soigneusement verrouillé la porte. Quelques heures après, avertis par Lilia que le galent était entré, il revint précipitamment et trouva sa femme paisiblement occupée aux travaux du ménage. Il fouilla tous les recoins de la maison et ne trouva rien.


Cet article est proposé par : Sonia CHENITI