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Journée Nationale des Tunisiens à l'étranger !

Publié le 09-08-2012
Journée Nationale des Tunisiens à l'étranger !
J’étais un imbécile

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« J’étais un imbécile »
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(Propos d’un vieux, à un jeune qui voulait partir loin de chez-lui,
A la recherche d’un ‘’El-Dorado’’ pour faire fortune ; Entreprise
Devenant de plus en plus difficile et ardue dans le monde d’aujourd’hui !N’ayant pas de métier, ni d’instruction suffisante pour pouvoir faire face aux nécessités vitales, ne comprenant pas le rouage de la ‘Crise Mondiale’ et ses conséquences sur un jeune étranger dans un pays étranger ! )
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(Le 7 Août 2012)
Journée Nationale des Tunisiens à l’étranger
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Tel l’oiseau migrateur qui sent gonfler ses ailes,
Ami, si tu veux aller vers des choses nouvelles ;
Les horizons lointains fascinent ton regard ;
Va donc !
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Moi, je demeure et plains celui qui part,
Chaque jour, je sens qu’une étroite sagesse
Emprisonne ma vie et finit ma jeunesse,
Et j’y vis, confiné dans ma vieille maison,
Rétrécir ma pensée avec mon horizon.
***
Nul inconnu lointain, nul essor ne me tente,
La routine suffit à mon âme contente,
Et je crois superflu de faire du chemin.
Pour chercher un bonheur que je tiens dans ma main.
***
Et toute nouveauté m’est hostile et suspecte,
Ce que le temps a respecté, je le respecte ;
A l’égal d’un vieil arbre, un vieux dogme est sacré ;
Contre tous, au besoin, seul je le défendrai.
***
J’aime les vieux papiers, j’adore les vieux livres,
Ceux d’aujourd’hui, bâclés par des cabotins ivres,
Ne m’intéressent point- car je ne les lis pas.
J’en ferais, à les lire, encore moins de cas!
 
J’aime les vieux toits bruns des vieilles villes,
Les vieux murs encombrants, les portes inutiles,
Qui du moins, çà et là, préservent nos cités,
Des dangereux accès des sottes nouveautés!
***
L’air libre du dehors est un courant funeste ;
Assez de mal est fait, sauvons le peu qui reste !
Ne nous enquérons point de ce qu’on pense ailleurs ;
Soyons les bornés pour être les meilleurs.
***
Aucun tourment d’esprit ne rendra mon front blême ;
Tout est clair à mes yeux, et nul obscur problème ;
Ne s’impose jamais à ma simplicité :
Je tiens la certitude et vois la vérité !
***
S’il fallait de ma foi naïve rendre compte,
J’en serais incapable, et je le dis sans honte ;
Des esprits orgueilleux qu’importe le défi ?
Je sens ce que je crois, et cela me suffit.
***
Vous le voyez ami, mon humeur et mon âge
Ne sont plus ce qu’il faut pour se mettre en voyage ;
Je ne goûterais rien et je ne verrais rien.
Il n’est plus qu’un pays pour moi, plus qu’un – le mien ;
***
Le coin natal peut seul m’intéresser encore;
S’il est d’autres pays là-bas, je l’ignore.
Que m’importe ce qu’il y a sous d’autres cieux ?
Mon univers finit où s’arrêtent mes yeux.
***
Depuis longtemps, j’ai su voir ce que Dieu me destine ;
Dans le mince domaine où je me ratatine,
Je vis content sur un vieux fond s de préjugés :
Depuis quarante ans et plus je n’ai pas changé,
***
Je tien ‘soigneusement’ mon esprit immobile,
Aucun aspect nouveau ne m’échauffe la bile,
Et je vois se lever chaque jour, au réveil,
Sur les mêmes toits le même vieux soleil,
***
Allez donc, pauvre enfant, allez courir le monde,
Allez vérifier si la machine est ronde,
Pour ma part, entre nous, j’en ai toujours douté,-
Cédez à ce démon qui vous a toujours tenté ;           
***
J’ai couru le monde, en partis
Quelques coins charmants d’Europe et d’Afrique
Ce que j’ai vu et vécu m’aurait bien suffit
Et que de rêves de jeunesse, chimériques !
***
Mes yeux s’étonnaient de la différence
Entre ma terre natale et celui des autres,
Inné, l’amour de ma terre de naissance
Est glorifié par l’amitié de certains apôtres !
***
Chaque chose à sa place, un véritable défi !
On ne peut en aucun cas mélanger torchons et serviettes.
J’ai pris ma dose et cela me suffit
L’Utopie malfaisante et trompeuse s’arrête !
***
C’est plus Sage de se rendre à l’évidence,
Entouré de mes enfants, je ne demande pas mieux !
DIEU Merci ! Tu m’as donné la chance
Et Tu as daigné « exaucer » mon vœux !
***
Il ne me reste qu’à me préparer pour le « Grand départ »
Heureux de garder mes esprits, toujours,
J’ai bien cru un jour, au hasard
Et j’ai enfin compris qu’on ne peux vivre sans ‘’Amour’’ !
***
Du vain savoir humain, poursuivez la chimère,
Mordez à belles dents à cette pomme amère ;
Scrutez, analysez, comparez, disséquez,
Consumez votre vie en ces efforts manqués !
***
Et quand ayant perdu force espoir et jeunesse,
Vous formerez le vœu que votre âme renaisse,
Alors, je vous attends, hasardeux pèlerin,
Vous me retrouverez ignorant et serein,
***
Sans regrets sans désirs, heureux comme un fossile…
Et vous écrierez : « J’étais un imbécile » !
 
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 Nabli hédi
Poète –Ecrivain
Paris-Aubervilliers
Mardi 7 Août 2012
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Cet article est proposé par : Hédi NABLI - Ecrivain - Poète