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La nuit Kroumirie

Publié le 28-05-2010
La nuit Kroumirie
Toute la nuit Kroumirie a possédé les chênes,

La nuit Kroumirie, intacte et haute, et son passé

plein de rivalités humaines

et de prestiges effacés.

 

Les monts chevauchent, pacifiques, formidables,

et leurs épaulements, chevelus de forêts

portent le brouillard blanc, né de marais

gonflés de pourriture entre des bancs de sable.

 

Son baiser cotonneux, au goût de vase et d’algue,

engourdit la contrée et prend, sans volupté,

ses yeux d’eau vive, clairs et froids comme une dague,

et ses cheveux de myrte embaumé par l’été.

 

Aux plis des monts cambrés, tels des corps haletants

sous le désir d’Eros disperse et divinise,

dans l’amas de ses fougères, portant

leur âpre odeur d’amour, d’humus, d’ombre et d’église,

la nuit, délice obscur, plein d’irréalité,

la nuit Kroumirie, sans embûches ni rapines,

berce une patiente et vieille humanité

entre ses mains de feuilles vertes et d’épines…

Cet article est proposé par : Sonia CHENITI