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Ton moi

Publié le 04-12-2013
Ton moi
Par Cyrine - Cyrine (Rebelle)

Une table, un café, un paquet de cigarettes, des fumées, musique, un café pour moi et une chaise occupée, un café pour toi, pour ton absence et une chaise vide...

Une feuille blanche nous sépare, une distance, un crayon qui retrace les faits, les propos et un lendemain incertain... Incertitude, certes, incompréhension, un effort de compréhension, une analyse d’un discours insensé. Intensité estampe des sentiments, des sensations et parfois quelques idées mutuelles. Une pensée, une situation répétitives , un corps inconnu, une âme proche, des lettres comblent le vide creux et une piste inachevée. Inachevé, tout ce que je dis, tout ce que je sens et tout ce que j’écris. Ce spectacle se répète à plusieurs reprises, quasiment sans cesse et sans fatigue. Le destin ne se fatigue jamais et ne cesse de nous fatiguer. Une réalité, réaliste et des réalités, un monde, des mondes, des complicités et des rivalités. Un instinct de prédation, une vie, des vécus, des expériences et je suis, je demeure l’apprenant. Un passage, un pont, une rue, une route, une ruelle et autant que j’aspire, autant que je perds et je me perds.

Une nuit, une nuit blanche et la blancheur change le sens et la signification. Une âme, une âme noble, une âme sœur et l’inconnu change d’adresse à chaque aveu. On est deux, deux divisés par deux résulte une solitude. La solitude des étoiles dans une nuit sombre et solitaire. Le coin habituel, le coin de la folie et le coin intime, je vais le quitter un jour tout comme je vais quitter cette vie et tout comme j’ai quitté mon enfance. Enfance, innocence, rêve, rêve d’enfance, je l’ai perdu tout comme j’ai perdu mon innocence. Je la perds à chaque fois où je perds mon sens, à chaque fois où je déraille, à chaque fois où je cherche à comprendre et à déchiffrer, à chaque fois où j’essaye de comprendre ma folie. Folie, sagesse, entre les deux, il existe un sème qui relie les deux et les contradictions se complètent dans cette harmonie mensongère. Un je, un tu, des pronoms personnels potentiels, une grammaire, une conjugaison, une syntaxe, des règles, des lois, des personnages crées, des mots inventés, des sons prononcés, je n’ai pas cessé de les trahir afin de me retrouver.

Un amour, des amours perdues, un manque éternel, une insatisfaction intarissable, et des compromis falsifiables. Le moi génère le tout dans un égoïsme absolu et dans une acceptation momentanée et conditionnée. Le moi génère le bien, génère le mal et le moi veut inlassablement se racheter. Un rachat, un résultat, un parcours, une divinité, une dévotion, une fausse dévotion et le metteur en scène suprême nous regarde, nous dirige, nous oblige, nous inflige et l’être humain signe son incapacité. Incapacité, immunité, tentative, tentation et le moi est toujours inquiet. Une année, un siècle, j’ai tort, j’ai raison, je suis en retard, je suis venu trop tard dans un monde trop vieux. Passé, présent, futur, ambiguïté, insensé, incomplet, interruption, blessure, rature, remède, l’âme souffre, et le corps ne supporte plus les coups aveuglés. Des visages passent, des sourires passent, des personnes viennent et d’autres partent, et tout chante l’hymne du regret. Des habits, nudité, richesse, pauvreté, chacun de nous cherche son moi dans son miroir de l’autre côté. Chacun de nous cherche son moi éloigné, chacun de nous ne voit que ses qualités et les transposent aveuglément dans l’autre miroir de l’autre vécu. Chacun de nous cherche un trait d’union, une passerelle, une clé pour foncer avec des pas fixes et souvent perturbés...

Je m’exile, je m’éloigne, je renonce et je me rapproche. Je hais l’échec. Je l’abhorre, le retour à un point zéro m’agace, le commencement est affreux, la recherche est inachevée, le violon atteste la tristesse infinie et la musique soulage le poids de l’ivresse. Le spectacle se répète et ton ombre comble la chaise vide. L’absence est une présence et celui qui nie confirme un non dit. La pluie tombe et se même avec les pleurs. Les pleurs sont également inachevés et le moi ne cesse d’être tiraillé.


Un texte proposé par Cyrine - Cyrine (Rebelle) née le 1er juillet 1994.
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Cet article est proposé par : HAMMAM-ENSA