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Myriam BEZAZI

Publié le 02-06-2011
Myriam BEZAZI
Questions à la jeune dirigeante de l’agence de création B’Mad

HAMMAM-ENSA : Tout d’abord MABROUK pour la création de B’Mad, l’une des premières agences de conseils en marketing et communication post-révolution. Erich Alauzen de STRATEGIES CONSEIL, votre attaché de presse avait déjà présenté votre agence à nos internautes (lire l’article), pouvez-vous nous parler un peu plus de vous et de votre parcours (études, 1er stage, 1ère expérience professionnelle…). Comment êtes-vous « tombée dans la pub » ?

MYRIAM BEZAZI 
: Merci pour vos vœux. Native du signe du scorpion, j’ai toujours été une fille très émotive, capricieuse, curieuse, ambitieuse, avec un sens du flair assez développé et trop exigeante. Rien n’est jamais parfait à mon goût car je pense que l’on peut toujours mieux faire. Je suis une vraie battante, je veux toujours plus et je veux toujours essayer de m’améliorer. Mon parcours scolaire a été un peu trop diversifié (selon certaines personnes, et surtout selon mes parents), car je n’ai pas arrêté de changer encore et encore… un premier diplôme en poche en section Mathématique, je me suis orientée vers l’économie et j’ai arrêté au niveau du DEUG car je sentais que ce n’était pas mon truc. J’ai alors commencé à découvrir le marketing, d’où mon orientation (et ce fût la dernière) et depuis on ne s’est plus quittés… J’ai fais mon premier stage au département marketing d’une entreprise de vente de produits bureautique. Ce fût mon seul stage car j’ai choisi de me concentrer sur les études et le sport (je faisais de la natation professionnelle). Ma maîtrise en poche, je suis allée par le pur des hasards avec une amie pour qu’elle s’inscrive au bureau de l’emploi. Sur place, elle m’a poussé à déposer un CV (c’était mon premier CV). Une semaine après, j’ai été contacté pour un entretien et j’ai obtenu mon premier poste comme responsable de marketing au sein d’une PME dans le secteur des nouvelles technologies (chez NCS TELECOM). C’était un exploit d’avoir un poste aussi important un mois après la remise des diplômes… Depuis, et durant 4 ans, j’ai sillonné les entreprises car je voulais toujours avoir plus et je trouvais que cela ne bougeait pas assez pour moi. J’ai décidé de changer encore de boulot en tombant sur l’annonce de recrutement d’un groupe de communication ou j’ai commencé en tant que responsable de communication et par la suite d’un média pour finir mon parcours au sein d’une agence où j’ai commencé en tant que chef de pub de TUNISIE TELECOM, puis directrice de clientèle pour le même annonceur et enfin directrice de développement de tout le groupe en plus de l’agence.

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H.E. : Vous positionnez B’Mad, comme le « nouvel enfant de la publicité et de la révolution Tunisienne ». Sans la révolution, pensez-vous que vous n’auriez pas monté votre boite ? Qu’es-ce qui vous a vraiment décidé à franchir le pas ?

M.B. 
: (sourire)… Depuis déjà un an, l’idée de voler de mes propres ailes me travaillait de plus en plus, et étant moi-même enfant de la pub et très active dans ce secteur de part ma fonction dans une autre agence de pub à l’époque (j’occupais le poste de directrice de clientèle et de développement) j’ai commencé à mieux étudier le marché, la demande ainsi que les offres de toutes les agences existantes… et ainsi, j’ai commencé à aborder le sujet avec mon principal associé et ami, qui a l’époque était DC d’une grande agence internationale basée en Tunisie… il était très ouvert à ma proposition mais mon côté rationnel (rire…c’est mon côté mathématicienne qui reprend des fois le dessus) me faisait à chaque fois reporter l’échéance à cause des freins politiques et relationnelles qui dominaient le marché… et puis, comme presque tous les citoyens tunisiens, j’ai vécu le 14 Janvier 2011 sur l’avenue Habib Bourguiba. J’ai été prise au piège comme tous ceux qui étaient sur place et quand je suis enfin rentrée chez moi le soir saine et sauve, toute ma vision a changé.
Donc, OUI, la révolution tunisienne a été un accélérateur et un élément très motivant car comme chacun de nous, le 17/01/2011 quand nous avons repris nos postes, je me suis promis de contribuer plus activement à la relance de mon pays et à l’économie tunisienne. D’où la naissance de B’Mad presque un mois après la révolution alors que la plupart des agences de communication étaient en train de fermer ou de connaitre de grosses difficultés.
En résumé, avec ou sans la révolution, B’Mad allait voir le jour étant donné que c’était un projet en phase d’études mais notre révolution a été un accélérateur. Ce qui m’a vraiment décidé à franchir le pas c’est ce beau pays qu’est la Tunisie et ses hommes que j’ai vu dans la rue tous solidaires et unis le 14/01… Pour eux, pour notre Tunisie, pour la construction d’une Tunisie nouvelle et la relance de notre économie nationale, j’ai décidé avec mes partenaires de ne plus attendre et de me lancer car des opportunités il y en a, la volonté et l’ambition est dans notre ADN donc, pourquoi perdre encore plus de temps…

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Cet article est proposé par : HAMMAM-ENSA

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