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L'alcool, les ados et les risques

Publié le 19-04-2008
L'alcool, les ados et les risques
On ne parle pas de morale, on ne juge pas, on informe sur les risques de l'alcool et des « cuites » de plus en plus fréquentes chez nos jeunes.

« L’alcool tue et tue de plus en plus de jeunes. On voit arriver tous les jours des jeunes au SAMU (coma, traumatismes…). Le samedi soir aux sorties de soirées, c’est encore pire, les urgences sont prises d’assaut. En été vers 4h du matin à la sortie des boites de nuit, le SAMU est plein d’adolescents ayant ingurgité des quantités impressionnantes d’alcool mais aussi des cocktails de vodka / boisson énergisante. C’est pour cette raison que  nous avons délaissé notre service pour  informer. »  Ce sont les mots du Dr Mounir Daghfous – Chef de Service du SAMU de Tunis qui réalise des cycles de sensibilisation dans les lycées tellement le phénomène est devenu important.
 
Le Dr Mounir Daghfous a d’ailleurs tenu à insister sur le fait que ces « fameuses » boissons énergisantes très prisées chez nos ados, sont déjà à elles seules un cocktail explosif de caféine, d’anabolisants et autres produits chimiques… ajoutez y même un tout petit peu d’alcool et même le plus « résistant » de tous (et de toutes puisque les filles ne sont hélas pas en reste…) n’y résiste pas et dans de nombreux cas ce sont des problèmes cardiaques et les urgences. Il est bon de rappeler que certaines de ces boissons énergisantes dont on fait la pub dans les boites de nuit ici sont carrément interdites en Europe.
 
Ce matin là, il était avec son confrère le Dr. Samir Abdelmoumem – Médecin au SAMU de Tunis,  devant une assemblée d’adolescents et de pré-adolescents en classe de 3ème dans un lycée français (le visuel de l'affiche du lycée a été utilisé pour illustrer l'article).
« Nos » jeunes ? OUI ce sont les nôtres… ils ont entre 12 et 16 ans et vous seriez étonnés de voir combien ils en savent déjà long sur le sujet… et ça fait tout simplement peur.
Une jeune fille demande « pourquoi certaines personnes ne ressentent rien après 8 bières et d’autre s’écroulent ? »  Combien ? 8 bières ? Oui vous avez bien entendu !!!! 8 bières ?
Une autre demande « si je bois du parfum ou de l’eau de toilette, es-ce que je peux aussi être saoule ???? » tous les moyens sont « bons » :-)
Un autre demande « l’alcool est interdit pour les mineurs mais si je bois à la maison et que mon copain tombe dans le coma et que j’appelle le SAMU, es-ce que je risque de la prison ? »
 
Et ne pensez pas que cette situation n’existe que dans certains lycées ou que dans certains quartiers défavorisés ou au contraire privilégiés. NON pas du tout, lycées privés, lycées tunisiens, lycées en Europe… tous les ados du monde (ou presque) sont les mêmes.
 
Une jeune fille de 14 ans en classe de seconde a fait un coma éthylique à 8h du matin au court d’une sortie scolaire. Des garçons de 15 ans sont arrivés totalement ivres à la soirée de nouvel an chez leurs amis suite à un « défit » débile entre jeunes.
Boire n’importe quoi, boire n’importe où et n’importe quand, boire toujours plus vite, boire toujours plus… mais là comme dit le Dr Mounir Daghfous « il n’y a vraiment aucun moyen de gagner plus !!! Par contre c’est le moyen de gagner plus vite la mort ou la déchéance et d’arriver plus vite à devenir une loque humaine… »
 
On pourrait donner des exemples de ce type à n’en plus finir.
Nos ados vont-ils si mal pour se mettre dans de telles situations à risque ?
On a surtout l’impression que la plupart des jeunes ne sont pas conscients des risques qu’ils encourent au niveau légal et des dégâts que ces conduites peuvent entraîner sur leur santé.
Même si ces phénomènes ne sont pas tellement nouveaux (voir chiffres de l’étude au bas de l’article), ce qui est alarmant est que ces comportements à risque sont de plus en plus fréquents et s’observent chez des jeune de plus en plus jeunes.
 
Tous les jeunes traversent des phases plus ou moins difficiles durant leur adolescence, là n’est pas le problème, ce n’est pas une raison pour s’autodétruire.
Pour lutter contre cette nouvelle forme de consommation excessive et dangereuse, il faut INFORMER nos jeunes et parler avec eux bien avant cette période de défis et d’expérimentation qu’est l’adolescence.
 
Le Dr Mounir Daghfous a d’ailleurs rappelé un grand nombre de données sous forme d’un « Qui veut gagner des millions » éducatif afin de leur faire prendre conscience aux jeunes des risques qu’ils encourent.
 
 

Cet article est proposé par : HAMMAM-ENSA

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