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Tunisie de notre jeunesse

Publié le 16-02-2007
Tunisie de notre jeunesse
Un livre de Claude Rizzo

L'auteur Claude Rizzo

Ecrivain français, Claude Rizzo est surnomé "Le Maltais de Bab el-Khadra".
Né le 8 juillet 1943, sur la place de Bab el-Khadra, il y vécût jusqu'à l'âge de 18 ans.
Il fréquente l'école de la rue Hoche, le lycée de Mutuelleville, puis le lycée Carnot à Tunis.
Sa famille d'origine maltaise installée en Tunisie depuis quatre générations la quitte en 1961.
Après des études de lettres à l'Université d'Aix-en-Provence, il enseigne dans les Bouches-du-Rhône.
Il quitte l'enseignement pour diriger une entreprise avant de créer à Nice une société spécialisée dans le bâtiment. Puis il vend sa société pour se consacrer à l'écriture. Il a notamment publié les romans :

  • «Le Maltais de Bab El-Khadra»,
  • «Au temps du jasmin» chez Michel Lafon
  • «Et les arbres chuchotaient» chez France Europe Editions
  • «Je croyais que tout était fini» chez Michel Lafon

Bien qu'ils transportent les lecteurs sous des cieux différents, ses romans plaident toujours pour les mêmes causes : la fraternité, la générosité, l'amitié entre les hommes et le combat contre l'ignorance et sa fille aînée - l'intolérance. Il donne également des conférences et participe à des actions sociales tournant autour de la lecture et de l'écriture.

 

A lire, une petite histoire sortie de l’ouvrage «Tunisie de notre jeunesse» et offerte par l'auteur...


La bicyclette de Rachid.

Quand Ali se tua en tombant d’une échelle, M. Alphonso vint rendre visite à ses parents, les Benhamed, qui vivaient dans un douar du djebel Zebla où ils gardaient les moutons de Sidi Baccar.
— C’est la volonté d’Allah, et nous devons l’accepter, leur dit-il. Mais je vais vous prouver que je ne manque pas de cœur. J’ai décidé de prendre un autre de vos fils à mon service pour remplacer Ali. Ça vous fera toujours une bouche de moins à nourrir.
M. Alphonso eut un regard sur la tribu réunie face à lui. Il ne se trompait jamais. Au marché aux bestiaux de Béja, les génisses prometteuses, destinées à donner de bonnes laitières, étaient toujours pour lui.
Il choisit Rachid, un adolescent de quinze ans au regard franc, avec ce qu’il fallait de timidité. M. Alphonso avait horreur des fortes têtes.
Émue par tant de générosité, Mme Benhamed vint embrasser la main du colon. Et Rachid quitta son village, sans gloire toutefois. Barbouillé par son premier voyage en automobile, il rendit son repas sur les coussins en skaï de la belle voiture de M. Alphonso. Ce dernier, prouvant à nouveau sa grandeur d’âme, se contenta de rire, malgré l’odeur fétide qui envahissait la traction-avant quinze chevaux. Il est vrai qu’avec une étable d’une vingtaine de vaches, sans compter les cochons et la volaille, M. Alphonso en avait senti d’autres.
Rachid passa trois heures à nettoyer une voiture dans laquelle il ne devait jamais plus mettre les pieds.

 

 

Cet article est proposé par : HAMMAM-ENSA

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