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Nos anciens

Publié le 18-05-2009
Nos anciens
Pas toujours facile de vieillir mais aussi pas toujours facile de gérer des personnes âgées…

La population vieillit de plus en plus et nous pouvons espérer une durée de vie plus longue que celle de nos parents. Mais un « problème » semble se poser : que faire de nos proches âgés, de nos parents ? 

Même en bonne santé, accueillir une personne âgée au sein de son foyer n’est pas toujours facile à vivre. Alors que dire quand il y a des soins à donner et que l’on n’a pas forcément les moyens de payer une bonne ou une aide spécialisée à domicile.

On parle d’elles(eux) avec tendresse même si parfois ils(elles) nous énervent… les «Azouzettes», la «azouza karnena», «el nesnessa»… et bien sûr c’est aussi valable au masculin ;-)
Qui n’a pas été agacé par certaines remarques de ses parents, de ses beaux parents ou de ses proches un peu âgés ?

Ils(elles) ont toujours un commentaire à faire (pas forcément gentil…) mais il faut bien le dire, on les aiment tout de même.

Si la plupart des personnes âgées restent charmantes et sont tout à fait reconnaissantes de l’égard que leur porte leurs enfants ou leurs proches, certaines deviennent difficiles car souvent le caractère ne fait que s’accentuer avec l’avancée en âge.
Nous habitons souvent dans des appartements et les espaces sont de plus en plus restreints. La plupart d’entre nous travaillent et notre temps est compté. On passe notre temps à courir entre boulot, enfants, courses… alors pas toujours facile de gérer en plus un parent ou un proche âgé.

Et il ne suffit pas de penser qu’en leur trouvant un logement tout sera réglé car quand ils tombent malades ou ne sont plus autonomes, il faut être là. A partir d’un certain moment de la vie, c’est une assistance de tous les instants qu’il faut leur porter. Au commencement on les aide à faire leurs courses, à faire leur ménage…. Et plus tard il faut leur faire à manger, voir les faire manger et assurer leur hygiène intime…

Heureusement, en Tunisie on a encore le respect des aînés donc on s’arrange encore pour garder nos proches et s’en occuper tant que l’on peut. Maisons de retraites, hospices… ne sont pas encore ancrés dans les mentalités. Mais jusqu’à quand ?

Molka maman de 2 enfants doit gérer son père et sa belle mère incontinente… pas drôle tous les jours quand on rentre d’une lourde journée de travail.

Mouna jeune femme célibataire de 36 ans s’occupe de ses parents (père Alzheimer, mère partiellement paralysée). Sa vie est depuis quelques années mise entre parenthèse… mais comme elle dit « Je n’ai pas vraiment d’autre solution… et surtout je les aime !!!! Tant que je peux, je le ferrais par respect pour eux. Ils m’ont donné la vie, je leur dédie momentanément la mienne.»

"Mourir, cela n'est rien
Mourir, la belle affaire !
Mais vieillir… Oh ! Vieillir
"
disait Jacques Brel, dans sa chanson Vieillir

Selma a vu sa vie de famille bien rangée chamboulée quand son père est tombé malade et est venu habiter dans leur appartement. Jour et nuit, sans relâche, il faut gérer ses exigences et ses besoins, sans oublier le reste de sa famille (ses 3 enfants et son mari qui a gentiment accepté cette situation mais pour combien de temps ?).  Plus de temps pour les amies, oubliées les sorties... Il lui est impossible de laisser son père seul sans surveillance.

Certaines familles arrivent à mieux s’organiser et arrivent à s'occuper à tour de rôle elles-mêmes de leurs parents vieillissants et dépendants.
« Depuis le décès de notre père, notre mère passe 1 mois chez chacune de nous. Nous sommes 3 filles et finalement pour le moment c’est la solution la meilleure que nous ayons trouvé. » nous dit Fatma 42 ans.

En général les enfants devenus adultes ont le sentiment d'avoir reçu énormément de leurs parents et se sentent redevables ou ont, tout simplement, envie de donner autant qu'ils ont reçu. Une sorte de reconnaissance.
A l’inverse, les enfants dont les parents n’ont pas été aimants ou leur ont fait subir des maltraitances ont du mal à donner ce qu’ils n’ont pas reçu. D’autre dans le même cas vont « passer l’éponge » et arriver à pardonner.

Le plus important est d’essayer d’éviter à nos parents de finir leur vie dans le dénuement et sans amour.
On râle, on râle… ils nous agacent parfois…. mais dès qu’ils ne sont plus là ils nous manquent terriblement car on les aime.


Et si l’on n’a pas d’enfant ?
Leïla 72 ans s’est installée chez sa sœur après le décès de son mari. Puis après le décès de celle-ci, est allée chez son autre sœur. « Pas toujours facile de trouver sa place, mais avec ma petite retraite, je n’avais pas les moyens de louer un appartement et la santé pour vivre seule. » nous dit-elle. « Parfois je me sens sans domicile fixe, j’essaye de me faire toute petite et discrète».

Hédia 68 ans a toujours vécue seule donc pas question de perdre son indépendance et tant qu’elle sera en bonne santé elle restera dans son appartement. Après ??? On verra. « Une amie m’a proposé de venir habiter avec…. C’est gentil, mais on verra et de toute façon ce sera le plus tard possible».


En fait il n’y a pas de solution miracle et la vie nous réserve de bonnes et de moins bonnes surprises. Alors essayons de faire le maximum pour nos proches et de vieillir le plus possible en bonne santé en commençant par manger équilibré et en faisant un minimum de sport et on verra bien ce que la vie nous réserve !!!


N’hésitez pas à nous envoyer vos témoignages et votre expérience.

Cet article est proposé par : HAMMAM-ENSA

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