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Le divorce... ce mal nécessaire...

Publié le 21-10-2013
Le divorce... ce mal nécessaire...
Les filles du divorce ou les filles en mal du père - Par Hager DALY

Le divorce est un phénomène social dont la fréquence, la manifestation et l’intensité varient d’une société à l’autre en fonction de la spécificité culturelle, de la situation économique et de la législation mise en vigueur. Aujourd’hui il constitue l’un des problèmes majeurs de la société tunisienne qui porte un grand intérêt à la stabilité des ménages et l’unité de la famille.
Les mutations sociales qu’a connues la Tunisie au lendemain de l’indépendance et qui sont accélérées sous l’effet de l’évolution massive des populations, ont bouleversé les modes de vie et changé les rapports sociaux. Cette évolution n’a pas épargné la structure familiale qui constitue le noyau de la société en agissant sur l’un de ses fondements les plus profonds

LE MARIAGE
En effet, le divorce ne cesse de gagner du terrain.
C’est un phénomène qui touche de plus en plus de nombreuses familles tunisiennes, et pour bien des couples, le divorce reste une épreuve difficile dont les époux et particulièrement les enfants ne sortent jamais indemnes.

CHIFFRES PREOCCUPANTS
Selon le sociologue tunisien Pr Belaid Ouled Abdallah, la Tunisie est classée 4ème au rang mondial du taux de divorce. Entre violence conjugale, incompatibilité d’humeur, libération des mœurs et problème matériels, c’est un mariage sur six qui se termine par un divorce. Alors qu’en Europe le taux du divorce varie entre 40 à 60 % selon les études et les pays. 
Actuellement en Suisse et en Suède, le divorce touche un couple sur deux. En Angleterre c’est un mariage sur trois qui échoue, alors qu’au Canada 25 % des couples divorcent au cours des quatre premières années de mariage.

Selon le sociologue tunisien Pr Slaheddine B Fradj, 48,30 % des causes du divorce sont liées aux problèmes sociaux. 22,70 % aux problèmes d’incapacité physique dont l’inaptitude à la procuration. 15,80 % liées aux problèmes sexuels dont l’adultère et la jalousie et 13,20 % dues aux problèmes matériels dont la pauvreté.

Selon la même source plus de la moitié des divorces sont demandés par les femmes (qui étaient à peine 6 % à demander le divorce en 1961)
Les zones rurales sont moins touchées par ce fléau.
Mais le taux le plus élevé a été enregistré dans les gouvernerats du grand Tunis (2145), Sfax (1007), Sousse (958). Ce sont là des chiffres alarmants, pour un pays comme le notre qui compte 10 millions d’habitants et ayant un taux de croissance démographique de 1,21 % (un taux plus bas que dans certains pays européens).
Face à ces statistiques préoccupantes, il semble que les tunisiens trouvent du mal à réussir leur ménage et encore moins leur divorce. Ils ont tendance à « mal se marier », à « mal divorcer », et à mal vivre la période « post-divorce » qui n’est jamais bien gérée par le couple quelque soit son niveau social. La proportion véritablement alarmante des divorces signifie qu’il y a un problème de fond dans la manière dont beaucoup gens abordent le mariage, ainsi que les relations humaines, de manière générale. Ce phénomène a cela d’équitable qu’il touche le même nombre
d’hommes et de femmes. Il touche malheureusement aussi beaucoup d’enfants, trop souvent pris dans la tourmente des conflits de couples en crise. Et c’est ces enfants là qu’il faut absolument sauver et éviter le maximum de les exposer face à des difficultés émotionnelles.

LES ENFANTS
C’est avec ses deux parents qu’il trouve un juste équilibre nécessaire au développement de sa personnalité. Mais lors d’une séparation ou d’un divorce, l’enfant va devoir vivre contre son gré avec un seul de ses parents. Il se voit aussi imposer un nouveau système de résidence alternée. Et c’est là que le divorce apparaît comme un facteur à risque capable d’engendrer d’éventuels troubles psychologiques qui touchent à sa personnalité, à son comportement et qui
à long ou à court terme peuvent se transformer en véritables pathologies mentales.
Préserver l’image du père ou de la mère après le divorce, rester attentifs aux besoins de l’enfant,
devient une mission importante et l’une des clés de le réussite de l’épanouissement de l’enfant et pour son bon développement psychomoteur.
Dans ce cas, le rôle du père et de la mère est certes complémentaire mais bien différencié.

En effet comme dit le Dr MULDWORF « la femme devient mère par l’intermédiaire d’un processus biologique, tandis que l’homme devient père par l’intermédiaire d’un système
psychologique ».
En d’autres termes, la mère développe naturellement grâce à la grossesse un lien privilégié très fort avec son enfant. C’est elle qui le répond dans un premier temps à ses besoins alimentaires, qui le rassure par sa présence, qui le réconforte dans les moments difficiles, qui l’apaise, le protège et le sécurise. Quant au père, il devient père après la naissance, au terme d’un processus psychologique, et son rôle n’en demeure pas moins fondamental dans la construction de la personnalité de son enfant. Il permet à l’enfant de construire avec lui une relation de confiance qui permettra au père de participer pleinement à l’ouverture de son enfant vers  l’extérieur et aux premières expériences personnelles. Sécurité et confiance sont les conditions de ce cheminement. Donc quelque soit la situation, l’enfant aura toujours besoin de la présence et de l’amour de ses deux parents, même s’ils sont séparés. Il est donc essentiel de maintenir des relations fortes avec l’enfant et de rester toujours à son écoute, et surtout l’aider à dépasser de façon harmonieuse le stade œdipien. Parce que, un Œdipe vécu de façon compliquée, mal résolu, peut conduire à l’émergence de névroses obsessionnelles, de comportements phobiques
et de diverses angoisses.

Cet article est proposé par : Hager DALY